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Méthode de disserts, comment garder des amis, que faire pour rester en vie, tous les trucs sophistes qui plaisent aux profs... avec ça, y'a de quoi "succedere in khagna" !!! :) bonne visite !

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Balzac - Le chef-d'oeuvre inconnu

Voici un cours génial que j'ai eu sur Le chef-d'oeuvre inconnu, à mettre en relation avec l'article sur Pierre Grassou.

La pagination fait référence à l'édition Le chef-d'oeuvre inconnu et autres nouvelles, édition Folio Classique, d'Adrien Goetz.

  • Introduction
  • Biographie brève
  • La comédie humaine (aide à appréhender la suite)
  • La vie artistique au 19e
  • La peinture
  • Les fondements de l’art classique
  • Le Chef d’œuvre-inconnu

Les liens aux mythes

Les liens implicites aux mythes

La signification du CIO

Comprendre le dénouement

 


 

Introduction :

Naissance en 1799, il écrit donc en 1820.  Quelle littérature trouve-t-on en 1820 ? De la poésie. Le terme de « littérature » est anachronique en 1820 : il désigne à l’époque l’ensemble de ce qui s’écrit, quel que soit le domaine. Quel terme utilisait-on pour parler de la « vraie littérature ? » « Belles Lettres », càd poésie, grammaire, histoire et éloquence (sacrée ou profane). Le vers est la marque de la noblesse de la littérature (d’où « Belles Lettres ») ; donc les autres littératures ne sont pas incluses, comme la prose, et surtout le genre romanesque !!

Donc en 1920, Balzac est censé écrire de la poésie. Il appartient à une certaine génération. Deux voies s’offrent à lui : la poésie ou le roman (marginal !) Mais le roman va se faire une place pour enfin inverser la hiérarchie (révolution !).

(On compte deux grands genres poétiques : 1 : épopée, 2 : drame (théâtre) ; puis vient le lyrisme et la satire)

Naissance

Poésie

Roman

Peinture

Génération

1800

Hugo

Balzac

Delacroix

1e romantiques

1820

Baudelaire

Flaubert

Courbet

2e romantiques

1840

Mallarmé, Verlaine

Zola

Cézanne, Renoir, Monet

naturalistes

 


 

Biographie :

Balzac à fait des études de droit à Vendôme (pas bcp de choix dans les études à l’époque…), puis fait de la littérature, càd de la poésie. Sa première œuvre : tragédie en vers, Cromwell. Verdict : nul. Il change donc de voie.

Le roman évolue grâce à la littérature étrangère : gothique avec les anglais, le roman historique de Walter Scott, le romantisme allemand avec les contes d’Hoffman… vu comme de la littérature à l’eau de rose, donc pour les femmes.

Balzac commence donc à écrire, sous pseudos, de la littérature historique.

1829 : Les chouans, La physiologie du mariage.

1930 : bcp de faits politiques, année qui marque un tournant. Balzac fait scènes de vie privée et contes philosophiques (= fantastiques) comme L’élixir de longue vie (à Hoffman, L’élixir du diable).

1931 : La peau de chagrin.

Balzac défend le roman, mais il ne rentrera jamais à l’Académie, car le seul genre littéraire accepté est la poésie !

1832 : Louis Lambert, œuvre autobiographique.

1834 : Balzac décide de la structure qui va devenir La comédie humaine.

1935 : Le père Goriot : c’est en l’écrivant qu’il décide de faire réapparaître des personnages, comme Rastignac.

1841 : 1e édition de La comédie humaine avec un avant-propos explicatif.

 


 

La comédie humaine :

Balzac en parle pour la première fois à Mme Hanska, dans une lettre. Il a déjà le squelette de son idée, puis la met en œuvre.

Quand il la publie, c’est vraiment La comédie humaine, établie et aboutie. L’éditeur lui demande une préface pour l'expliquer : certaines œuvres ont été éditées il y a longtemps, hors du cadre !

La comédie humaine est basée sur une chimère, et deux comparaisons : humain/animal ; société/nature.

Actualité récente : - le mystique : Saint-Martin et les illuministes : développement d’une mystique opposée aux Lumières ; Balzac se dit mystique.

                             - les savants naturalistes : (Buffon, Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire) Cuvier et Saint-Hilaire sont opposés, mais Balzac retient qu’il y a une unité de composition : un seul animal existe et il y a différentes espèces ; càd un seul modèle ! D’où vient la diverstité ? des différences de milieux. Déterminisme du milieu lié à la théorie de l’évolution.

Ceci transparait chez Balzac : il y a une unité de composition de l’homme, donc il réalise une zoologie humaine. Mais  quelles sont les différences hommes/animaux ? Dues au milieu où ils se développent, d’où une comparaison société/nature.

Il fait une « zoologie humaine et sociale ».

Balzac est l’ancêtre du naturalisme ! Zola reconnaitra la filiation.

Projet quasi-scienifique ! Il étudie les espèces humaines : càd les fonctions sociales (métiers). Mais aussi référence au mystique (personnage de Frenhofer : fantastique). Mais le monde humain est complexe, la différence sexuelle est fondamentale, plus grande mobilité. Besoin d’un homme subtile pour montrer ceci : un écrivain.

Balzac constate qu’il ne peut pas juste être le Buffon de la société française : il faut chercher les causes cachées, les « causes sociales » cachées derrière les effets. Mais il cherche aussi les principes : càd ce qui est 1er est explicatif de tout. à logique moniste (mono = un).

à Balzac est au-delà de la science, d’où son mysticisme. Donc trois niveaux : effets, causes, principe. Il développe le plus les effets (« étude de mœurs ») puis plusieurs catégories (ordonnées) :

-les scènes de la vie de province,

-les scènes de la vie parisienne,

-les scènes de la vie politique,

-les scènes militaires,

-les scènes de campagne.

Les 3 premières : scènes sociales ; 2 suivantes : êtres d’exception (en marge).

 

Les causes sont des études philosophiques : La peau de chagrin.

Le principe : une seule œuvre achevée (+ ébauches) : Physiologie du mariage, qui a vocation scientifique ! Il allait écrire une Pathologie de la vie sociale, une Anatomie des corps enseignants, une Monographie de la vertu.

1er niveau : description d’un spectacle.

2e niveau : entrée dans les coulisses.

3e niveau : confrontation avec l’auteur.

D’où le titre de Comédie humaine !!!

C’est une œuvre dramatique. Mais les trois niveaux sont enchevêtrés dans les œuvres de Balzac. Le chef-d’œuvre inconnu est une cause, Pierre Grassou un effet.

Le titre était au début : Etude sociale. Mais le titre finalement choisi n’est ni scientifique ni mystique.

Première référence littéraire : « comédie » à le monde est un grand théâtre. ! Balzac tente de lever les masques.

Seconde référence littéraire : à La divine comédie de Dante qui est une épopée (grand genre majeur de la poésie). L'épopée a disparue au 20e, elle est « absorbée » par le roman, épopée en prose, mais même ambition : Balzac revendique une continuité avec l’épopée, il est donc le poète épique moderne. Une épopée raconte une histoire collective, donc Balzac a bien une ambition épique, car il fait défiler toute la société.

Préambule de La fille aux yeux d’or : montre que la vie parisienne est un enfer ; même métaphore dans Le père Goriot qui descend dans les catacombes à descente dans les profondeurs de l’âme humaine, et donc aux enfers.

Pourquoi étudie-t-on ces deux œuvres ? Pierre Grassou est l’antonyme du héros du Chef-d’œuvre inconnu.

Théorie de l’intelligence (selon Balzac) : si elle est bien répartie, elle donne des sots, si elle est mal répartie, elle donne des génies. Deux grands types d’humanité : génies (quel domaine ?) et médiocres. La démocratie peut-elle éviter la « médiocratie » ? (termes de Balzac. Attention : médiocre = moyen).

Frenhofer est un génie, Grassou un médiocre. Génie est difforme, asocial, sorte d’handicapé, une exception (comme Joseph Bridau). Attention, le génie peut être un défaut, du génie à la folie, il y a peu (Frenhofer !).

 


 

La vie artistique au 19e :

Le chef-d’œuvre inconnu, Manette Salomon (Frères Goncourt), L’œuvre (Zola), sont toutes des oeuvres qui' s'interrogent sur la vie de l'artiste. L’académie des Beaux-Arts est une création de la Restauration, les autres Ac adémies existaient avant. Toutes fermées par la Révolution, recrées sous un autre nom : « L’institut de France ». Académie a permis libération du statut d’artiste par rapport à l’artisan. L’Académie enseigne la peinture, définit les canons de l’art, organise 1ers salons avec les œuvres des académiciens, et le prix de Rome. Elle n’a plus fonction d’enseignement au 19e, n’organise plus les salons.

L’école des Beaux-Arts prend certaines fonctions de l’Académie, comme l’enseignement : cours de dessin, de culture (Bible, mythologie, histoire), de perspective et d’anatomie. Il n'y a donc pas de cours de peinture ! Présuposé : dessiner = peindre, donc importance du dessin, mais pas de la couleur, ni de la lumière, qui s’apprend dans des ateliers privés. On fabrique des dessinateurs !

Pierre Grassou parfait sa formation dans des ateliers (privés, donc).

Le prix de Rome : l’artiste parfait sa formation, surtout que l’Italie est le summum de l’art. La Villa Médicis est l’Académie française de Rome. Les candidats doivent avoir passé le concours de l’école de Beaux-Arts, puis 3 concours éliminatoires :

-une esquisse peinte sur un modèle en 12h,

-un nu masculin peint sur 4 jours,

-enfin enfermés dans un atelier personnel, ils « entrent en loge » pendant 70 jours pour réaliser un esquisse et un tableau,

puis le Lauréat est envoyé entre 3 et 5 ans à Rome. Mais comme le système favorise l’académisme, les peintres sont généralement inconnus aujourd’hui, sauf Ingres peut-être.

Le Salon est une création de l’Ac, s’appelait l’Exposition. C'est l'administration d’Etat qui s’en occupe : c’était donc le « salon officiel » jusqu’en 1882. Périodicité variable : bisannuel ou annuel.

Le problème du Salon : jury et sélection des œuvres. Chaque année, problèmes des critères de sélection. Inflation constante du nombre de peintres au Salon. Il faut aussi être bien placé, hiérarchisé !

1793 et 1830 : suppression des conditions d’accès à chaque Révolution. Le Salon est le grand événement artistique. Le rapport au public est important pour les peintres : dimension médiatique, question du statut de l’artiste, marché de l’art (médailles, décorations càd la légion d’honneur). Le Salon est le principal lieu de transaction, commandes de l’Etat pour décoration des édifices religieux, et palais nationaux ; projet de faire une histoire de France en tableaux pour la Galerie des Batailles. Pierre Grassou illustre ce mécanisme du marché de l’art avec sa toile exposée, on lui commande même une bataille ce qui signifie la consécration du perso.

Création du Salon des Refusés, par Napoléon lui-même, le premier a lieu dans l’atelier de Nadar.

Le musée est un création de la toute fin du 18e. Le Louvre devient le musée de la nation ; ceci permet la consécration de l’art. L’art pouvait être partout, le musée lui donne dorénavant un lieu spécifique. Il y a donc autonomisation de l’art.

Le Louvre est d’abord conçu comme un lieu d’enseignement pour les jeunes artistes qui y copient les chefs-d’œuvre. Le musée change la destination de l’art : les artistes rêvent d’y entrer, car c’est la consécration suprême ! Le musée de Luxembourg est un genre de salle d’attente pour le Louvre, donc plus facilement atteignable.

 


 

La peinture :

La peinture est en atelier, jamais à l’extérieur. De plus, les couleurs séchaient vite. C’est une peinture de savoir, pas de paysages. Pour peindre des paysages : c’est une peinture de mémoire, on fait esquisses de paysages en plein air, puis retour à l’atelier pour peindre. -> question du rapport peinture/réalité.

Primauté académique du dessin sur la couleur. On reproche à Ingres de peindre gris, comme à Pierre Grassou : ceci est dû au fait que Pierre Grassou est médiocre, + le fait que son atelier est orienté au nord : significatif, il a donc chez lui une lumière grise et diffuse.

La peinture moderne est une peinture de lumière et de lumières, d’où la montagne Sainte-Geneviève de Cézanne, la cathédrale de Rouen de Monet (motifs répétés maintes et maintes fois par les artistes pour représenter la lumière sous toutes ses formes)…

Rubens et Rembrandt incarnent la priorité de la couleur, et Raphaël le dessin.

Acquérir des portraits de famille est signe de richesse et d’anoblissement. Nouveau marché de la peinture de genre : c’est une peinture alimentaire (càd elle ne fait que nourrir les artistes).

 


 

Les fondements de l’art classique :

1er principe : l’idéalité du beau, càd le beau est une idée, le beau n’est pas dans la réalité, d’où une peinture idéalisante. Rapport avec la logique chrétienne de l’incarnation.  Le nu de Manet choque car ce n’est pas une femme idéale mais une femme réelle qu’il montre.

2e principe : la hiérarchie des genres. Ils sont nommés dans Pierre Grassou selon Balzac, mais ce ne sont pas les grands genres picturaux réels. Distinction entre le grand genre (peinture historico-biblico-mythique) et le reste. Un tableau de grand genre se remarque par la taille des tableaux : grand genre = grand tableau (càd + de 1m2). Géricault est un peintre novateur à Le radeau de la Méduse est sur grand format, pb : le sujet est contemporain (et donc pas historico-biblico-mythique), il a fait venir dans son atelier des cadavres pour les peindre -> il montre donc la réalité et non pas l’idéalité.

Art de convention de la culture classique à basé sur savoirs plutôt que voir. Voir le réel est le mot d’ordre des modernes. Primat de la rhétorique dans la peinture classique, càd la peinture est une autre façon de faire un discours, car placere, movere et docere (plait, émeut, et instruit) comme la rhétorique.

 


 

Le Chef d’œuvre-inconnu :

L’action se déroule au 17e, mais n’a de sens qu’au 19e. Ce n’est pas une nouvelle historique. Genèse : pas de manuscrit, seulement 6 éditions du vivant de Balzac.

-1e édition préoriginale dans la revue « L’artiste »

-repris en volume Romans et contes fantastiques (édition originale)

-3e édition en 1832, dans Contes philosophiques,

-4e édition dans Etudes philosophiques,

-5e édition, Le chef-d’œuvre inconnu,

-6e édition, Gilette.

De conte fantastique, il passe à un conte philosophique. Temps entre la 3e et la 4e édition : transformation du texte avec l’aide de Théophile Gautier ; les discours sur l’art sont plus long, inspirés par des articles de Gautier publiés peu avant la 4e édition. Balzac n’avait pas toutes les compétences théoriques.

Fantastique -> philosophique -> catéchisme esthétique.

Probable qu’on ai commandé la nouvelle à Balzac (pour « L’artiste »), s’est certainement inspiré d’Hoffman à Le Baron de B. ou La leçon de violon était publié dans « L’artiste » peut avant Balzac. Points communs : 3 musiciens qui correspondent aux peintres de Balzac (un génie, un homme reconnu, un apprenti). On comprend pourquoi Le chef-d’oeuvre inconnu était d’abord un conte fantastique. Inspiration aussi de La cour d’Arthus : même exaltation du peintre génie devant une toile incompréhensible.


Les liens aux mythes :

On peut trouver des lien avec Prométhée, mais surtout avec Pygmalion (liens wikipédia).

Pygmalion est sculpteur célibataire, car selon lui la ville est livrée à une forme de prostitution. Donc il se fait célibataire : c'est une trahison à Vénus ! Elle lui inflige un châtiment : il tombera amoureux de son oeuvre. Vénus finira par céder pour donner la vie à la statue, naît alors Galatée. Frenhofer, comme Galatée, est un personnage de Rembrant auquel le romancier donne vie (Frenhofer et "son épouse" : p. 60).

Frenhofer interprète la réaction de Poussin et de Porbus quand ils voient son tableau "exceptionnel". "Donner vie à son oeuvre" : Frenhofer et Mabuse sont un mélange Pygmalion/Vénus, car ce sont eux et non Vénus qui animent les figures (càd des formes, figura en latin) qui deviennent femmes.

Probus est un Pygmalion imparfait, car il n'a pas su insuffler entièrement la vie à son tableau.

Orphée est présent aussi : relation avec la poésie. Pourquoi ? Frenhofer est finalement "plus poète que peintre" à la conclusion du roman. (voir aussi p.54) Son tableau est alors plus poétique que visuel ? Eurydice est la vie dont a besoin Frenhofer dans ses tableaux.

Les liens implicites aux mythes :

Faust : c'est l'homme qui veut percer tous les secrets de la nature, il est prêt à tout donner pour réaliser son rêve (il est présent aussi dans Pierre Grassou, p.275). C'est Frenhofer lui-même qui est le diable, mais aussi Faust. On retrouve souvent des figures diaboliques chez Balzac, Frenhofer à "quelque chose de diabolique" (au début du roman). Le "pacte" ici est : Poussin donne sa femme pour voir le tableau -> c'est égalitaires, ils exposent leurs "femmes" aux regards étrangers.

Dieu : Frenhofer se pose en rival de Dieu. "Tudieu", "palsambleu" ("par le sang de Dieu"), "parbleu" ("par Dieu")... sont des injures exprimées à propos des toiles du peintre génie, adressées à Frenhofer. Références de Dieu à propos de Frenhofer : il est créateur, non pas d'une créature, mais d'une création. Mabuse à peint de nombreux tableaux, dont un seul cité : Adam ; Frenhofer veut faire le pendant féminin. Nouveaux jurons de Frenhofer à la fin : il retrouve la foi de la création, "sang", "corps", "tête" -> ces injonctions sont liées au sacrifice eucharistique, et à la transubstanciation. Frenhofer réalise une transubstanciation : il transforme les figures de la peinture en femmes.

Tous ces mythes sont des mythes de la transgression, Frenhofer est celui qui a passé les bornes de la peinture. On trouve deux thèmes essentiels qui procèdent du mythe de Pygmalion : la question de la création, l'opposition peintre/poète (poète : créateur) ; et la rivalité femme/art, qui est une rivalité entre deux femmes. On rejoint ici la notion de célibat ésthétique (en reférence à l'expression de célibat ecclésiastique).

C'est un discours sur l'art en deux dimensions : un discours technique sur la peinture , et un discours mythique sur la peinture.

La signification du chef-d'oeuvre inconnu :

Le discours mythique est le discours le plus important. Balzac pense trois éléments essentiels de la peinture : la couleur, le dessin, le sentiment.
Les deux premiers sont techniques, le troisième est mythique, donc essentiel.

p.45 : il manque un "je ne sais quoi" au tableau, un "nescio quid" en latin, càd, la vie, mais mettre la vie dans un tableau est un secret, celui de Mabuse et de Frenhofer.

p.50 : il manque toujours "un quelque chose", "de divin" ici ; l'animation du tableau relève donc du divin, ce qui nous ramène au mythe implicite de Dieu.

p.38 : métaphore picturale toujours placée sous le signe du manque. "Ce je ne sais quoi qui affriande les artistes" (en italique dans le texte)

Que manque-t-il donc ?

Rien, "mais ce rien est tout" comme le dit Frenhofer : le sentiment, l'âme, la vie, qui ne relève pas de la technique ; c'est "le dernier coup de pinceau" qui est le plus important (même idée dans Pierre Grassou, quand Bridau rectifie le portrait de Virginie). Ceci relève moins du peintre que du magicien : référence au mythe de Pygmalion, où on la magie intervient dans les mains de Vénus.

Le chef-d'oeuvre inconnu est une parabole. Frenhofer est un peintre de génie, mais un peintre râté, c'est un personnage prométhéen et satanique (car il a voulu égaler Dieu, il a commis le pêché d'orgueil).On attend une création parfaite, mais c'est une création à l'envers : une décréation.

Ceci se traduit dans le discours de Frenhofer par des figures de l'impossible et de la contradiction ; p.60 : "ma peinture n'est pas une peinture".

Comprendre le dénouement du Chef-d'oeuvre inconnu :

L'art contemporain a donné une vision moderne de l'oeuvre de Frenhofer, pourtant y apposer ce modernisme est problématique, car la folie/génie de Frenhofer sont considérés à l'époque de Balzac comme une réelle maladie ; de plus, un "tableau-pâté" d'où il ne ressort qu'un pied ne peut certainement pas être vu comme un oeuvre d'art, vu les exigences esthétiques de l'époque.

La logique la plus apparente du récit est celle de l'échec, même si la vision moderne lui donne un aspect positif. "Là finit notre art sur Terre" : c'est la mort de l'art. D'un point de vue esthétique, c'est un échec. Mais d'un point de vue mythique, c'est une réussite, on passe à un art de l'invisible ; Frenhofer voit ce que les humains ne voient pas : c'est un voyant/mystique. Son art est surnaturel, surhumain.

Porbus et Poussin reconnaisent que c'est un génie, mais un créateur est toujours entre le dieu et le diable.

La logique est moins esthétique que religieuse, c'est une affaire de foi. Frenhofer a reconnu son échec en brûlant ses toiles et en se tuant. Mais la logique mystique nous dit que le pied réussi montre que c'est un génie, qui a pêché par excès pour détruire son tableau, pourtant la drécréation du tableau est incomplète : le pied est un "décombre d'un incendie" -> mettre le feu à ses oeuvres est donc l'achèvement de sa décréation.

Le chef-d'oeuvre inconnu est une parabole aussi sur la mort de l'art, p.65 : le comble de l'art, c'est de faire disparaitre l'art : la mort de l'art est due au dépassement de l'art lui-même, car l'art est un artifice. Il y a donc une mort de l'art dans les deux cas : chez l'inventeur (le créateur) ainsi que chez le copieur (les deux types de peintres selon Balzac !).


 

J'espère que la lecture vous a été agréable, et que je vous ai apporté quelques lampions culturels sur l'oeuvre géniale de Balzac... :)

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L
merci pour ce texte, jai lu le livre et je cherché plus de clé pour le comprendre. jai apprécié.
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L
C'était magnifique. Merci, tu m'as beaucoup aidé pour mon devoir. De plus, tout ce que tu as écrit était clair et bien rédigé. Merci encore.
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